Congrès – vote du 15 mars

 

Inscrits : 455

Votants : 228

Blancs et nuls : 1

 

Texte d’Orientation 1 – Un Progrès Partagé pour faire Gagner la Gauche : Luc CARVOUNAS : 0 %

Texte d’Orientation 2 – Cher-e-s Camarades : Stéphane LE FOLL : 19,82 %

Texte d’Orientation 3 – Socialistes, le chemin de la renaissance : Olivier FAURE : 33,04 %

Texte d’Orientation 4 – L’union et l’espoir : Emmanuel MAURE : 47,14 %

 

Rapport d’activité national : POUR : 65,45 % – CONTRE : 3,64 % – ABSTENTIONS : 31,91 %

Rapport d’activité fédérale : POUR : 76,74 % – CONTRE 2,42 % – ABSENTIONS : 21,39 %

Textes d’orientation du congrès d’Aubervilliers

Après le Conseil national du Parti Socialiste du 27 janvier et à l’issue de la commission nationale d’organisation du congrès, vous trouverez ici les quatre textes d’orientation retenus pour le congrès d’Aubervilliers les 7 et 8 avril :

http://www.parti-socialiste.fr/motion-1-progres-partage-faire-gagner-gauche/

http://www.parti-socialiste.fr/texte-dorientation-2-cher-e-s-camarades/

http://www.parti-socialiste.fr/texte-dorientation-3-socialistes-chemin-de-renaissance/

http://www.parti-socialiste.fr/texte-dorientation-4-lunion-lespoir/

4ème Entretien de la Refondation

« Nouvelles technologies, travail, emploi : une révolution ?»

 Le 4e Entretien de la Refondation s’est tenu lundi 27 novembre avec Christine Erhel, Directrice du Centre d’Études de l’Emploi et du Travail et Professeure au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM), Michel Héry, Responsable de la mission Prospective de l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité) et Xavier Timbeau, économiste, directeur de l’Observatoire Français des Conjonctures Économiques (OFCE). L’occasion de questionner les nouvelles formes de travail qui émergent avec la révolution technologique.

L’apparition du numérique et de la robotisation a profondément changé la société dans laquelle nous vivons, nous faisant entrer dans ce que certains appellent la « quatrième révolution industrielle », a expliqué Christine Erhel. En outre, la «capacité des algorithmes à se substituer, à se comparer à des activités que l’on pensait uniquement humaines» nous fait aboutir à une « révolution technologique qui a des conséquences sur la société, pas uniquement le travail » ajoute Xavier Timbeau. Par exemple, avoir la possibilité de commander une voiture, qui n’est pas un taxi, via son smartphone nécessite à la fois l’évolution technologique de l’objet, le téléphone, et une nouvelle organisation sociale, avec un chauffeur qui n’est pas un salarié. Ces évolutions ont à la fois des conséquences très positives mais « posent aussi énormément de problèmes de transition pour passer de  » l’ancien » au « nouveau » monde ».

Singularité

Nous serions en train de passer d’un monde où existait une « forme de complémentarité hommes/machines » vers « la singularité », autrement dit « quand la machine n’est plus complémentaire de l’individu mais s’y substitue, le remplace, et créerait des individus inutiles», précise-t-il. Toutes ces évolutions technologiques « fondent leur dynamique sur le fait de changer le monde ». Elles peuvent paraître effrayantes car elles touchent en profondeur la société du travail et de l’emploi. Michel Héry y voit « un danger si la révolution n’est pas maîtrisée, négociée, réglementée ». Il faudra un débat de société pour discuter de « l’algorithmisation de l’activité ».

Christine Erhel distingue deux types effets sur l’emploi. Il y a d’une part « l’innovation produit», c’est-à-dire la création d’un nouveau produit, fait plutôt générateur d’emplois, et d’autre part un effet plus destructeur d’emplois via des « mécanismes de substitution », « quand les produits sont devenus obsolètes ou que l’on remplace des gens par des robots ».

Capacité d’adaptation 

Plusieurs études ont en revanche montré que 10% des emplois seraient « à risque » et pourraient disparaître, quand 50% sont « des emplois exposés à des risques de transformation ». Et Xavier Timbeau de préciser que c’est la rapidité avec laquelle cette évolution s’est produite et se produit encore qui est la plus marquante: « certaines personnes ont consacré des études, une vie professionnelle à une compétence et brusquement, aujourd’hui, ces compétences peuvent être soit très valorisées, soit très dévalorisées ».

Les 10% d’emplois qui pourraient être amenés à disparaître sont sans doute « les plus répétitifs, les plus automatisables », mais pas nécessairement les emplois « situés en bas de l’échelle de qualification »: « le risque d’automatisation touche assez largement le spectre de qualification de l’emploi, entre métiers de très basse qualification ou de très haute qualification». Mais selon Christine Erhel, ces 10% d’emplois pourront être « compensés ». En revanche, elle a insisté sur la nécessité de penser les 50% d’emplois susceptibles d’être transformés dans leur contenu: « il faut surtout penser l’évolution du contenu du travail pour la moitié des emplois aujourd’hui », a-t-elle ajouté.

Organisation du travail 

Quelles conséquences cette évolution peut-elle avoir sur le monde du travail, en termes d’organisation? Pour Michel Héry, ce n’est pas « la technologie qui est en cause » mais «l’usage qu’on en fait ». Ainsi, il se présente comme « un farouche partisan de l’automatisation», en ce que celle-ci peut permettre d’améliorer les conditions de travail, par exemple lorsque les travailleurs portent de lourdes charges : « aujourd’hui en France et ailleurs, voir des gens se casser le dos est inadmissible ». Il s’agit alors de se poser la question de l’arbitrage sur notre préoccupation, « l’homme ou la machine? ». Par exemple, les exosquelettes peuvent être « des outils extraordinaires » pour un salarié vieillissant. Mais ils peuvent aussi être utilisés sur des salariés plus jeunes pour augmenter les cadences. Au risque que ces derniers y laissent leur santé.

Pour Catherine Erhel, « il faut maintenir un objectif d’accès du plus grand nombre à un niveau d’études supérieures », car, « dans une configuration où on ne sait pas bien comment seront les emplois de demain », il est nécessaire d’avoir « un haut niveau de compétence générale ». « L’éducation est un moyen de profiter de la révolution technologique », abonde Xavier Timbeau. Pour Michel Héry, les nouvelles organisations qui se mettront en place devront écouter davantage les salariés, qui sont la valeur ajoutée humaine de l’entreprise. « Pour progresser, pour apprendre, il faut avoir le droit de se tromper. Or, aujourd’hui, une large part de l’organisation du travail mise en place ne laisse pas cette possibilité au salarié, avec des normes toujours plus présentes, un travail toujours plus contrôlé ». Il plaide pour que les entreprises pensent « à long terme » et se dit partisan du « soft work » « une organisation du travail qui donne au salarié le devoir de réfléchir et aux patrons l’obligation de prendre en compte l’avis du travailleur dans la prise de décision ».

3ème entretien de la refondation

« Femmes et Politique »

 « Il n’y a pas de socialisme sans féminisme, car le socialisme c’est aussi cette attention aux inégalités » : c’est ainsi qu’Isabelle This-Saint-Jean a introduit le troisième Entretien de la Refondation qui se tenait mercredi 22 novembre, sur le thème « Femmes et Politiques ». Quelle-s difficultés pour les femmes en politique ? Quelle-s stratégies pour les contourner ? Quelle représentation des femmes aujourd’hui en politique ? Voici quelques-unes des questions auxquelles ont répondu nos trois intervenants,  Camille Froidevaux-Metterie, professeure de science politique à l’Université de Reims Champagne-Ardenne et membre de l’Institut Universitaire de France, Dominique Meurs, chercheuse associée à l’Ined et professeure à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense (EconomiX), David Nguyen, directeur conseil au département « Opinion et stratégies d’entreprise » de l’Ifop.

 

Les femmes plus investies dans la vie sociale et professionnelle

Tous trois ont d’abord évalué la situation actuelle des femmes et des inégalités femmes-hommes, en particulier depuis les années 1960-1970. Aujourd’hui, les femmes sont plus qualifiées, plus diplômées, certaines grandes entreprises se sont quant à elles saisies de ce sujet.

« La condition des femmes aujourd’hui est duale » nuance Camille Froidevaux-Metterie. En effet, si elles ont intégré le marché de l’emploi, accumulé fonctions et statuts, les femmes continuent en sus de gérer l’organisation du foyer. Mais « cette dualité est devenue un peu comme le modèle de la condition humaine » ajoute Mme Froidevaux-Metterie, insistant également sur l’aspiration croissante des jeunes générations à « une sorte de conciliation des temps » entre vie personnelle et vie professionnelle.

Plus globalement, selon une étude présentée par David Nguyen trois quarts des Français estiment qu’il reste « beaucoup de choses à faire » pour l’égalité entre les femmes et les hommes, soit une augmentation de quinze points par rapport aux années 2000. Les raisons sont doubles, mélange d’une prise de conscience et de faits ayant dégradé l’égalité entre femmes et hommes. Par ailleurs, en novembre 2014, une nouvelle étude a montré que désormais le critère de la vie sociale est devenu extrêmement déterminant dans l’épanouissement, bien qu’il soit toujours derrière les enfants et la vie de couple. Chez les femmes de moins de 25 ans, le critère de la vie sociale est même plus important que celui de la vie de couple. On constate donc une plus grande appétence des femmes pour la vie en  dehors du foyer.

Etre une femme en politique : difficultés et stratégie de contournement

Tous les intervenants se sont accordés à dire qu’au niveau de la représentation nationale, l’évolution était « plutôt favorable ». Toutefois, dix-sept ans après le vote de la loi sur la parité, Camille Froidevaux-Metterie estime que cette évolution est « lente ». Le non-cumul des mandats devrait quant à lui permettre de continuer la féminisation de la représentation politique, selon Dominique Meurs.

Conception masculine du pouvoir, difficulté à articuler vie personnelle et vie politique, prise de parole en public, sont des éléments expliquant la moindre présence des femmes en politique. Ainsi, les hommes voient le pouvoir politique comme « quelque chose que l’on conquiert et que l’on occupe », quand les femmes envisagent leur carrière politique comme un passage, un moment de la vie professionnelle. Les horaires et l’agenda politique rendent plus difficiles pour les femmes l’accès au pouvoir.

La prise de parole en public reste également une véritable difficulté pour de nombreuses femmes en politique. Du côté des hommes, on interrompt, on se répète, on parle longuement ; alors que du côté des femmes, on s’auto-censure, on hésite, et on se soucie de la compétence, de la légitimité à s’exprimer sur un sujet. Pour Dominique Meurs, les racines de cette difficulté de la prise de parole « se jouent à l’école ; c’est par les apprentissages que ça va se construire ». Pour la chercheuse, ainsi en est-il également de l’occupation de l’espace public.

En outre, les violences et les remarques mysogines sont un « point commun des femmes dans ce milieu », peu importe le parti politique, conçues presque comme « un rite initiatique, comme si les femmes devaient en passer par une épreuve de ce type pour être acceptée, adoubée ». Or, ces violences peuvent être la cause d’un désinvestissement de la vie politique.

Face à ces violences, Camille Froidevaux-Metterie a défini quatre idéaux-types des femmes en politique : l’Amazone, qui « endosse la mode masculine du pouvoir, ses attributs extérieurs », la Manageur, ambitieuse, organisée, qui arrive souvent en politique après un passage dans le privé, la Citoyenne, « issue de la société civile, qui s’engage tardivement, qu’on est venu chercher pour un mandat local et qui progressivement mandat après mandat peut se retrouver sénatrice ou député », « plutôt sexagénaire et dans une posture de modestie », et la Femme contemporaine, en général trentenaire, avec des enfants, et qui ne veut abandonner ni son mandat ni sa vie personnelle.

Existe-t-il un vote féminin ?

Au cours de la 5ème République, nous avons assisté, explique David Nguyen, a « un phénomène d’homogénéisation » : les femmes votent quasiment comme les hommes. Par exemple, lors de la dernière élection présidentielle, « les femmes votent comme les hommes pour Marine Le Pen ».

Une enquête a été conduite pour affiner ce constat. Les femmes déclarent que le genre n’est pas déterminant dans leur choix, et évoquent les mêmes critères que les hommes. Mais en 2014, une étude a été menée sur les personnalités pouvant devenir Premier.e ministre : elle a montré que « les femmes avaient tendance à préférer les femmes, elles adhéraient moins à des Premier ministres comme Alain Juppé ou Jean-Louis Borloo », ce qui montre l’existence d’un « phénomène d’identification » selon David Nguyen, ce que vient confirmer l’homogénéisation du vote FN constaté lors du passage de relais de Jean-Marie Le Pen à Marine Le Pen.

Entre prise de conscience de la situation des femmes en politique et persistance des difficultés, le chemin vers une véritable représentation des femmes en politique, ainsi que l’égalité réelle entre hommes et femmes, en politique comme ailleurs, reste encore long.

 

2ème entretien de la refondation

« Les partis politiques, et notamment le PS, peuvent-ils survivre à la crise démocratique ? »

 

Le deuxième entretien de la refondation s’est tenu mardi 14 novembre au siège du Parti socialiste. L’occasion de s’interroger sur la crise que connaissent actuellement les partis politiques. Frédérique Matonti, professeure de Sciences politiques à l’université Paris 1 questionne le terme de « crise démocratique », qui lui semble « extrêmement brutal ». « On parle plutôt de crise de la représentation, mais c’est un concept qui revient régulièrement ».  Il y a une « démobilisation politique » avec des phénomènes conjoints qui se sont aggravés depuis 10 ans. Elle cite d’abord l’abstention, un « phénomène majeur » qui touche en premier lieu les populations les plus fragiles, les moins diplômées. Elle relève également un taux de syndicalisation bas, avec des syndicats encore plus fragilisés par le macronisme, qui les divise pour mieux négocier. Enfin Frédérique Matonti constate une déconnexion entre monde politique et le monde associatif. « Avant il y avait un lien, et là cette courroie de transmission disparaît ». Tous ces événements se joignent à la montée de l’extrême droite qui récupère un électorat qui aurait pu voter à gauche.

Pour Florence Haegel, professeure à Sciences Po Paris, on ne peut pas parler de crise car si le phénomène est bien réel, il n’est ni soudain ni conjoncturel. En travaillant sur les données de l’Insee qui se fondent sur les listes d’émargement et non sur les sondages, elle constate que « la séquence électorale 2017 montre une montée de l’abstention ». Celle-ci reste d’abord sociologique, elle cible toujours les mêmes catégories. « Le modèle des inégalités sociales perdure, il n’y a rien de nouveau. » Selon elle, la question générationnelle est importante. « Les jeunes ne sont pas moins politisés, ils sont moins dans les institutions politiques établies, mais il n’y a pas de baisse de l’engagement associatif. » Il y a une distance prise par la société vis-à-vis des partis politiques dans un contexte français où ces structures partisanes sont déjà faibles à l’origine.

Crise des partis

« Pour un parti politique, une crise des partis politiques est interprétée comme une crise de la démocratie » estime Frédéric Sawicki professeur de Sciences politique à l’université Paris 1. Mais « ce qui est en crise c’est la démocratie de partis, pas la démocratie participative. » Car on ne fait pas de la politique que dans les partis. « Ce n’est pas parce qu’il n’y a plus de partis politiques qu’une société ne peut pas être démocratique ».

Selon lui, l’abstention n’est pas le symptôme d’une crise de la démocratie mais d’une crise de la confiance dans les organisations politiques. Ces dernières reçoivent moins de suffrages ou des suffrages intermittents. « Il y a un développement de la volatilité électorale », note Frédéric Sawicki. Un électeur qui a voté pour un parti, déçu de son action, ne votera pas à l’élection qui suit ou donnera sa voix à un autre parti. Frédéric Sawicki juge que la France vit « une crise de la démocratie partisane » et cite la Pologne, le Brésil, la Hongrie ou la Turquie comme pays en vraie crise démocratique, c’est-à-dire que les citoyens y sont prêts « à s’en remettre à une solution non démocratique, à un pouvoir fort, à mettre en suspens les libertés. »

Et le professeur de rappeler que si « on peut regarder l’abstention comme un désintérêt total de ce qu’il se passe dans la politique, on peut aussi la lire comme le fait que l’offre politique ne correspond pas aux attentes et ne donne plus aujourd’hui le sentiment de répondre à des attentes sociales ». Est-ce alors une dépolitisation des citoyens ou une démobilisation ?

 

Frontières brouillées

« Un électeur potentiel a de plus en plus de mal à faire la différence entre une politique de droite et une politique de gauche, abonde Frédérique Matonti. Il a un rapport au politique extrêmement distancié. La capacité de faire la différence entre les politiques, qui n’est déjà pas évidente pour nous à certains moments,  est encore moins évidente pour un citoyen ordinaire. » L’universitaire prend l’exemple de la déchéance de nationalité, qui a été comprise comme une remise en cause de la double nationalité alors qu’elle ne s’adressait qu’à des cas extrêmement précis, et a contribué à brouiller un peu plus la frontière entre gauche et droite. « Cela relève peut être d’une mauvaise communication mais cela montre surtout que les gens n’entrent pas dans les détails »

En France, les partis n’ont jamais été forts si on les compare à la social-démocratie allemande ou au parti conservateur britannique. « Les partis ont toujours été critiqués et dès leur naissance on pronostique leur disparition » raconte Florence Haegel. Les deux critiques essentielles qu’ils subissent sont celle du conflit -si vous êtes contre le conflit vous êtes contre les partis- ce qu’elle résume à la critique gaullienne et celle de la représentation et de la délégation où l’on critique le parti comme une forme de confiscation du pouvoir-critique plutôt de gauche. « Pour le PS, cette critique de la délégation a été particulièrement cruelle car il a construit un monde à part, de professionnels de la politique qui est largement déconnecté de la société et qui n’est pas représentatif de la société. » Si cette critique s’applique aussi à la droite, elle est moins fondamentale car « il y a moins de demande de représentation à droite ». Et Florence Haegel de noter également que « ce qui est frappant, c’est que les partis politiques, c’est des vieux, un monde de retraités, de plus de 50 ans. »

Causes externes

« Les partis sociaux-démocrates vont mal dans beaucoup de pays », rappelle Frédéric Sawicki. Réfléchir à la crise que subit le PS nécessite d’être attentifs aux causes nationales et aux plus générales. « La mondialisation et la création de l’Europe ont posé un problème à ces partis qui ses sont construits sur un interventionnisme public d’État ». La crise des dépenses publiques et les règles européennes ont remis en cause cette politique. Parallèlement, les partis sociaux-démocrates ont perdu largement leur base ouvrière et de nouvelles questions, comme l’écologie, ont émergé. « Ils ont alors choisi d’être un peu libéraux, un peu sociaux, un peu écologistes. C’est bien mais ça ne fait pas une idéologie très mobilisatrice qui fournirait une utopie de l’ordre de celle des partis réactionnaires, conservateurs nationalistes :’ c’était mieux avant ‘. » Ils font aussi face aux libéraux qui estiment que les problèmes viennent du fait qu’il y a trop d’État, trop de protection sociale, trop d’interventionnisme, et que les gens ne sont pas responsables. Pris en étau, « les sociaux-démocrates n’arrivent pas à s’accorder entre eux au niveau européen pour, notamment, lutter contre le dumping social ou l’optimisation fiscale ». Résultat, en attendant « on fait du replâtrage et on accrédite les thèses néo-libérales : il faut contrôler les chômeurs, responsabiliser les gens dans les hôpitaux, déréguler le travail… »

Frédéric Sawicki remarque que « les socialistes ont bénéficié pendant des années du système institutionnel qui permettait la qualification, sauf en 2002, de leur candidat à la présidentielle, et qui les faisait, grâce au scrutin majoritaire à deux tours aux législatives, bénéficier du vote utile. »

Car les institutions permettent à un parti qui mobilise un quart des électeurs de gagner tout. Ce qui fait qu’au PS, « l’analyse de la situation politique a pu être retardée ». On était toujours dans l’attente que l’alternance joue en sa faveur à un moment. « Il se trouve que le gigantesque coup de poker de Macron lui a permis d’emporter la mise et a entamé un profond renouvellement des partis politiques ». Tout le système reposait depuis toujours sur une base fragile. En moyenne, le PS pouvait compter sur un socle de 18-20% de l’électorat.

1er entretien de la refondation

Le retour des inégalités.

Claire Hédon, présidente d’ATD Quart Monde a d’abord rappelé l’importance de changer le regard sur les personnes en grande précarité. « On sera dans une société meilleure, moins inégale, avec une vraie lutte contre la pauvreté quand on associera les personnes concernées aux projets qui les concernent. » L’idée n’est pas de « s’adresser à » mais bien de « construire avec ». Car, souvent, la société ne considère les pauvres que par le prisme de la charité « on leur donne mais jamais on ne leur demande ce qu’ils veulent ». L’association ATD Quart Monde a été créée par Joseph Wresinski, un prêtre qui a lui même vécu dans la précarité et connaît l’humiliation qu’elle implique.

Aujourd’hui, en France, 14% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté, soit 1 080 euros par mois (60 % du revenu médian). Cela représente 9 millions de personnes. 2,3 millions de personnes vivent avec moins de 670 euros par mois. « On vit très mal dans ces conditions », a souligné Claire Hédon, rappelant que « le RSA, c’est encore moins, 545 euros ». Dans les zones où le logement est cher, « il leur reste 58 euros par mois pour se nourrir, moins de 2 euros par jour ».

Depuis 10 ans, 800.000 personnes supplémentaires vivent en-dessous du seuil de pauvreté. La pauvreté ne diminue pas. Au contraire, « il y a un renouvellement de génération en génération », a déploré la présidente d’ATD Quart Monde. Les inégalités se perpétuent faute notamment d’accès à une éducation de qualité. Et Claire Hédon de plaider pour que le regard de la société change : « il faut arrêter de penser que les personnes en grande précarité profitent du système, on vit mal au RSA, ces personnes ont envie de travailler, de s’en sortir ». Alors qu’on parle beaucoup des fraudes aux minimas sociaux, la réalité, c’est que 30 % des personnes ayant droit au RSA ne le demandent même pas.

Le journaliste Gérald Andrieu a écrit un livre sur « la France périphérique » intitulé Le peuple de la frontière. Pendant six mois, en pleine campagne électorale pour l’élection présidentielle, il a arpenté à pieds la frontière de Dunkerque à Menton, en voulant « renouer avec le réel ». « Cette France qu’on dit périphérique, elle représente 90 % des communes et 60 % de la population, c’est donc juste la France ». Mais elle reste à l’écart des lieux d’emplois, de production. « Ici, à Paris, au siège du PS, on s’interroge sur « faut-il revenir aux classes sociales» mais dans la France périphérique, ils ne se posent pas la question, ils y sont revenus : il y a eux et nous, les élites politiques, médiatiques ».

Pour le journaliste, il est important de prendre conscience des difficultés du quotidien : « 90 % des salariés de la France périphérique, hors des métropoles donc, utilisent leur voiture pour aller travailler. Ces territoires sont vides, les petits commerces ferment, il n’y a plus de lieux où on se rencontre, plus de services publics ». Et le journaliste de citer l’exemple de la ville de Fourmies, dans le Nord. « Le salaire horaire moyen est 3 euros moins important que dans le reste de la France. Il y a des gens qui n’ont pas connu l’emploi depuis trois générations. Ils n’ont pas vu leurs parents ni leurs grands-parents se lever. C’est une ville enclavée, il faut deux heures pour aller à Lille. On vit dans la peur de perdre son emploi quand on en a un ». Autre exemple, la centrale de Fessenheim. « 40 % des employés sont Alsaciens. Si elle ferme, il faudra faire encore des dizaines de kilomètres en plus pour aller travailler. Pour Macron, ce n’est pas loin, mais pour celui qui a mis toutes ses économies dans sa maison, c’est loin ! ».

En France, le système redistributif permet d’atténuer légère- ment les inégalités, comme l’a expliqué Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques. «On relève une aggravation de la situation des personnes pauvres, mais la France reste l’un des pays d’Europe où les inégalités de revenus sont les moins importantes. » C’est l’un des aspects positifs de l’action de François Hollande qui a rétabli les impôts progressifs (ISF, succession, revenu). L’effet a été sensible sur l’évolution des revenus : les revenus des 5 % les plus riches avaient augmenté entre 2008 et 2011 mais ont légèrement baissé entre 2011 et 2015. Mais, a-t-il prévenu, « cet acquis pourrait être remis en cause avec les mesures fiscales mises en place ».

De même, les inégalités de revenus en France sont relativement limitées grâce à la redistribution, dont l’effet se voit dans les territoires. Ainsi, « si l’on baisse la dépense publique cela aura un effet d’abord dans les territoires les moins bien dotés ». Pour rappel, dans les Hauts-de-France la redistribution diminue de moitié les inégalités.

Refonder le Parti Socialiste, un enjeu collectif

Au lendemain de défaites historiques, nous devons réfléchir, proposer et agir pour nous réinventer.

 

Chacun peut exprimer ses idées, ses suggestions, déposer des contributions sur la plateforme en ligne : refondation.parti-socialiste.fr autour de cinq grands questionnements :

  • quelles sont les valeurs et l’identité des socialistes ?
  • quel regard portez-vous sur la conquête et l’exercice du pouvoir ?
  • quels sont les grands défis pour la France ?
  • quels sont les grands défis pour le Parti Socialiste ?
  • comment vois-tu notre pays dans 20 ans ?

Nous avons à écrire une nouvelle page de l’histoire du socialisme démocratique et c’est avec vous, militants, sympathisants, citoyens engagés que nous le ferons.

Législatives : réunions publiques

Michel VERGNIER et Martine LAPORTE animeront les réunions publiques suivantes :

 

Mardi 30 mai

11h15-12h00 : St Georges Nigremont – mairie

14h00-14h45 : St Agnant Près Crocq – mairie

15h00-15h45 : Flayat – mairie

16h00-16h45 : St Merd la Breuille – mairie

17h00-17h45 : St Oradoux de Chirouze – mairie

18 h 00 : LA COURTINE – salle des Associations

20 h 00 : COCQ – mairie

Mercredi 31 mai

11h15-12h00 : Mérinchal – mairie

14h00-14h45 : Saint Bard – salle polyvalente

15h00-15h45 : Mautes – mairie

16h00-16h45 : Chard – mairie

17h00-17h45 : Charron – mairie

18 h 00 : AUZANCES – mairie

20 h 00 : EVAUX LES BAINS – Maison des Jeunes – rue Léo Lagrange

Jeudi 1er juin

14h00-14h45 : Jouillat – mairie

15h00-15h45 : Roches – mairie

16h00-16h45 : St Dizier les Domaines – mairie

17h00-17h45 : Clugnat – mairie

19 h 00 : BOUSSAC – Maison des Associations

Vendredi 2 juin

14h00-14h45 : Moutier d’Ahun – mairie

15h00-15h45 : Fransèches – mairie

16h00-16h45 : St Michel de Veisse – mairie

17h00-17h45 : St Marc A Frongier – mairie

18 h 00 : VALLIERE – Salle des Associations

20 h 00 : FELLETIN – Salle Tibord du Chalard

Mardi 6 juin

15h00-15h45 : St Agnant de Versillat – mairie

16h00-16h45 : Vareilles – mairie

17h00-17h45 : Azerables – mairie

18 h 00 : St Sébastien – mairie

20 h 00 : LA SOUTERRAINE – ancienne mairie Salle n°2

Mercredi 7 juin

11h15-12h00 : Augères – mairie

17h00-17h45 : St Priest la Plaine – mairie

18 h 00 : Mourioux-Vieilleville – mairie

20 h 30 : BOURGANEUF – Salle Maurice Cauvin (stade)

Jeudi 8 juin

14h00-14h45 : Ajain – mairie

15h00-15h45 : Pionnat – mairie

16h00-16h45 : Savennes – mairie

18 h 00 : Guéret – mairie

Vendredi 9 juin

11h15-12h00 : Nouziers – mairie

14h00-14h45 : Mortroux – mairie

15h00-15h45 : Lourdoueix St Pierre – mairie

16h00-16h45 : Linard – mairie

17h00-17h45 : Chéniers – mairie

Législatives : présence sur les marchés

Michel VERGNIER candidat du Parti Socialiste et de sa suppléante Martine LAPORTE seront présents sur les marchés suivants :

Aubusson : jeudi 25 mai

Ahun : mercredi 31 mai

Dun le Palestel : jeudi 1er juin

Felletin : vendredi 2 juin

Guéret : samedi 3 juin

Jarnages : dimanche 4 juin

Evaux les Bains : lundi 5 juin

Auzances : mardi 6 juin

Bourganeuf : mercredi 7 juin

Boussac : jeudi 8 juin

Législatives : réunions publiques

Réunions publiques de Michel VERGNIER candidat du Parti Socialiste et de sa suppléante Martine LAPORTE

 

Mercredi 17 mai

20 h 00 : Aubusson – Pôle Enfance 10 av de la République

Jeudi 18 mai

14h00-14h45 : Ladapeyre mairie

15h00-15h45 : Domeyrot – mairie

16h00-16h45 : Parsac-Rimondeix : mairie

17h00-17h45 : La Celle sous Gouzon – mairie

18 h 00 : Gouzon – salle du cinéma

20 h 00 : Jarnages -mairie

 Vendredi 19 mai

10h30-11h15 : Sous-Parsat – mairie

11h30-12h15 : St Yrieix les Bois – mairie

18h00 : Lavaveix les Mines – Ecole les Galibots

20 h 00 : Ahun – mairie